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Le dossier du Canada sur les droits des Palestiniens devrait le disqualifier du Conseil de sécurité des Nations Unies

Sous-ministre du Canada Chrystia Freeland au CSNU. (Photo: via Twitter)

Par Yves Engler

Le dossier de vote anti-palestinien du Canada devrait le disqualifier d'un siège au Conseil de sécurité des Nations Unies. Il est à espérer que lorsque les États membres choisiront entre l’Irlande, la Norvège et le Canada pour les deux positions «Europe occidentale et autres» au Conseil de sécurité, ils considèrent la responsabilité de l’organisme international envers les Palestiniens. S'ils le font, ce sera un reproche à l’histoire embarrassante du Canada de racisme institutionnel contre le peuple palestinien.

Comparativement au Canada, l'Irlande et la Norvège ont de bien meilleurs résultats en matière de défense des droits des Palestiniens à l'ONU. Selon une étude compilée par Karen Rodman de Just Peace Advocates, depuis 2000, le Canada a voté contre 166 résolutions de l'Assemblée générale critiquant le traitement réservé aux Palestiniens par Israël. L'Irlande et la Norvège n'ont voté contre aucune de ces résolutions. De plus, l'Irlande et la Norvège ont voté oui 251 et 249 fois respectivement sur les résolutions relatives aux droits des Palestiniens au cours de cette période. Le Canada a réussi 87 oui, mais seulement deux depuis 2010.

Dans l'exemple peut-être le plus flagrant d'Ottawa étant hors-jeu avec l'opinion mondiale, le Canada s'est rangé du côté des États-Unis, d'Israël et de minuscules États insulaires du Pacifique en s'opposant à une résolution des Nations Unies soutenant l'État palestinien qui a été appuyée par 176 pays en décembre 2017.

La seule fois depuis la fin de la période coloniale, le Canada s'est quelque peu aligné sur l'opinion internationale concernant les droits des Palestiniens, c'était dans les années 1990 et au début des années 2000 sous Jean Chrétien. Au début des années 1990, Norman Finkelstein a qualifié le Canada «d’allié probablement le plus fidèle d’Israël après les États-Unis aux Nations Unies», tandis qu’un article du Globe and Mail de 1983 faisait référence à «la position du Canada en tant qu’ami n ° 2 d’Israël aux Nations Unies». Au début des années 80, Ottawa s'est rangé du côté d'Israël dans une série de résolutions de l'ONU malgré la quasi-unanimité de l'opposition internationale.

En juillet 1980, le Canada a voté avec les États-Unis et Israël (neuf pays européens se sont abstenus) contre une résolution appelant Israël à se retirer complètement et sans condition de tous les territoires palestiniens et arabes occupés depuis 1967. Le 11 décembre 1982, le Globe and Mail a rapporté que le « L'Assemblée générale des Nations Unies a appelé hier à la création d'un État palestinien indépendant et au retrait inconditionnel d'Israël des territoires qu'il occupait en 1967. Israël, le Canada, les États-Unis et le Costa Rica ont émis les seuls votes négatifs alors que l'assemblée a adopté l'appel par 113 voix contre 4, avec 23 abstentions. »

Le bilan de vote du Canada sur les droits des Palestiniens aux Nations Unies est une abomination. Il est aggravé par le fait que le Canada a contribué de manière significative au rôle de l’organisme international dans la dépossession des Palestiniens. Les responsables canadiens ont joué un rôle important dans les négociations de l'ONU pour créer un État juif sur la terre palestinienne.

Lester Pearson a promu la cause sioniste dans deux comités différents traitant du mandat britannique de Palestine. Après avoir proposé assidûment un accord américain et soviétique sur le plan de partition anti-palestinien, il a été surnommé «Lord Balfour of Canada» par des groupes sionistes. Le représentant du Canada au Comité spécial des Nations Unies sur la Palestine, le juge de la Cour suprême Ivan C. Rand, est considéré comme l’architecte principal du plan de partage.

En dépit de posséder moins de sept pour cent des terres et de constituer un tiers de la population, le plan de partition de l'ONU a donné au mouvement sioniste 55% de la Palestine. Un énorme coup de pouce au désir des sionistes pour un État à base ethnique, il a contribué au déplacement d'au moins 700 000 Palestiniens.

Le savant Walid Khalidi s'est plaint que la résolution 181 (partition) de l'ONU était "un acte hâtif d'accorder la moitié de la Palestine à un mouvement idéologique qui a déclaré ouvertement déjà dans les années 1930 son souhait de désarabiser la Palestine".

L'apatridie des Palestiniens sept décennies plus tard reste une tache sur l'ONU. Au cours de la dernière année, le gouvernement canadien a consacré beaucoup d'énergie et de ressources pour remporter un siège au Conseil de sécurité. Ces derniers jours, le ministre des Affaires étrangères du Canada a décidé d'appeler des ambassadeurs de l'ONU dans l'espoir de les convaincre de voter pour le Canada.

Pour lutter contre cette pression, un petit groupe de militants de la solidarité avec la Palestine a organisé une lettre ouverte attirant l’attention sur le bilan électoral anti-palestinien du Canada. Signée par des dizaines d’organisations, la lettre sera remise à tous les ambassadeurs de l’ONU dans l’espoir que certains d’entre eux voteront en tenant compte de la responsabilité de l’ONU envers les Palestiniens.

– Yves Engler est l'auteur de Canada and Israel: Building Apartheid et de nombreux autres livres. Il a contribué cet article à The Palestine Chronicle. Visitez son site Web: yvesengler.com.

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