Catégories
Actualité Palestine

Le gouvernement syrien lève le couvre-feu nocturne malgré la hausse des cas de coronavirus

26 mai 2020

Le gouvernement syrien supprimera le couvre-feu du jour au lendemain imposé en mars malgré une forte augmentation des cas signalés de coronavirus.

Le ministère syrien de la Santé a annoncé aujourd'hui 15 nouveaux cas de COVID-19 dans les zones sous contrôle gouvernemental, portant le nombre total de cas à 121 et un bilan de quatre morts. Tous les nouveaux cas concernaient des Syriens rentrant de l'étranger, dont neuf du Koweït. Des experts ont remis en question les chiffres relativement bas du régime, mais Damas a nié toutes les accusations de camouflage.

En dehors du territoire contrôlé par le gouvernement, six cas de coronavirus, dont un mort, ont été confirmés par des responsables effectuant leurs propres tests dans le nord-est de la Syrie. Jusqu'à présent, aucun cas n'a été signalé dans le nord-ouest tenu par les rebelles, où les tests sont extrêmement limités.

Le gouvernement du président Bashar al-Assad essaie d'alléger la douleur que les restrictions des coronavirus ont infligées à l'économie, déjà sous la pression des sanctions occidentales et de neuf ans de guerre. La livre syrienne est tombée à un niveau record au début du mois.

À compter d'aujourd'hui, le gouvernement lèvera le couvre-feu du jour au lendemain et autorisera les déplacements entre ses provinces. Les magasins sont autorisés à rester ouverts de 8h00 à 19h00, a rapporté l'agence de presse d'Etat syrienne SANA. Les parcs publics, cafés, restaurants, piscines, théâtres et gymnases doivent rester fermés jusqu'à nouvel ordre.

Les organisations humanitaires avertissent que si le virus se propage plus largement, la fragile infrastructure sanitaire de la Syrie ne pourra pas faire face. Des dizaines de milliers de médecins ont fui le pays et plus de la moitié de ses hôpitaux ont été endommagés ou détruits lors de frappes aériennes russes et gouvernementales.

Les civils vivant dans la province nord-ouest d'Idlib restent particulièrement vulnérables à une épidémie. Une offensive gouvernementale contre l'enclave de l'opposition a déplacé plus d'un million de personnes de leur domicile depuis décembre. Beaucoup vivent dans des camps surpeuplés et des établissements non officiels où la distanciation sociale est impossible à imposer.

Des inquiétudes grandissent également face à la menace d'une épidémie dans le nord-est de la Syrie, où l'administration semi-autonome dirigée par les Kurdes gère un certain nombre de camps de déplacés très peuplés. Le camp al-Hol, dans la province de Hasakah, est particulièrement inquiétant, qui abrite 70 000 personnes déplacées, y compris des membres des États islamiques et leurs familles.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *