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Liban: des dizaines de blessés lors des affrontements à Beyrouth suite à l'échec de l'économie, Hezbollah

Des manifestants se sont précipités dans les rues de la capitale libanaise samedi pour dénoncer l'effondrement de l'économie, alors que des affrontements ont éclaté entre partisans et opposants au groupe chiite soutenu par l'Iran, le Hezbollah.

Plus de 35% des Libanais sont au chômage, tandis que la pauvreté a grimpé à 45% de la population, selon les estimations officielles. Le Liban est également l'un des pays les plus endettés du monde et a manqué à ses emprunts extérieurs pour la première fois en mars, selon l'AFP.

Les premières grandes protestations depuis que le gouvernement a annulé les mesures de verrouillage des coronavirus à la mi-mars surviennent alors que Beyrouth négocie un paquet du Fonds monétaire international (FMI) qui, espère-t-il, garantira des milliards de dollars de financement pour soutenir son effondrement de l'économie, a déclaré Reuters.

Des centaines de personnes ont envahi les rues autour de la place des Martyrs dans le centre de Beyrouth, avec des accrochages également entre manifestants et forces de sécurité, qui ont tiré des gaz lacrymogènes. Quarante-huit ont été blessés dans la violence et 11 ont été hospitalisés, a indiqué la Croix-Rouge libanaise.

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"Nous sommes descendus dans la rue pour réclamer nos droits, réclamer des soins médicaux, une éducation, des emplois et les droits fondamentaux dont les êtres humains ont besoin pour rester en vie", a déclaré Christina, une étudiante de 21 ans.

De nombreux manifestants portaient des masques dans le cadre des mesures d'hygiène imposées pour lutter contre la pandémie, qui a gravement aggravé une crise économique, la pire depuis la guerre civile de 1975-1990 dans le pays endetté.

Pourtant, la manifestation de samedi est devenue violente alors que les partisans du Hezbollah se sont affrontés avec certains manifestants qui exigeaient que le groupe désarme.

Le Hezbollah est le seul groupe à avoir conservé ses armes depuis la fin de la guerre civile libanaise, divisant profondément le Liban sur le plan politique.

"Non au Hezbollah, non à ses armes", a déclaré une pancarte brandie par Sana, une manifestante de Nabatiyeh, une ville du sud du Liban, bastion du Hezbollah. "Les armes ne devraient être que dans les mains de l'armée", a déclaré le joueur de 57 ans.

"Tant qu'il y aura des milices plus fortes que l'État, le gouvernement ne pourra pas lutter contre la corruption", a déclaré John Moukarzel, propriétaire d'une société immobilière.

Des partisans et des opposants à Hebzollah se sont jetés des pierres, incitant l'armée à intervenir en formant une chaîne humaine pour les séparer, a expliqué un photographe de l'AFP.

Les partisans du Hezbollah, qui est également représenté au gouvernement et au parlement, ont scandé: "chiites, chiites".

Les forces de sécurité ont tiré des gaz lacrymogènes près d'une rue menant au bâtiment du Parlement derrière la place des Martyrs, après que certains manifestants les ont bombardés de pierres et saccagé des magasins dans le quartier.

Crises politiques

Certains manifestants ont mis le feu à des poubelles alors que la police anti-émeute s'avançait vers eux.

Le Liban a été secoué par une série de crises politiques au cours des dernières années, avant que la crise économique ait contribué à déclencher des manifestations de masse intersectorielles sans précédent en octobre.

Les manifestations ont contraint le gouvernement à démissionner et une nouvelle dirigée par le Premier ministre Hassan Diab a été approuvée par le Parlement en février, chargée de lancer des réformes et de lutter contre la corruption.

De nombreux Libanais, cependant, affirment que la nouvelle administration n'a pas réussi à trouver de solutions aux multiples problèmes du pays, notamment une récession écrasante et une inflation galopante.

La monnaie locale a perdu plus de la moitié de sa valeur sur le marché noir ces derniers mois, passant du taux officiel de 1 507 à plus de 4 000 livres pour un dollar. Les banques ont progressivement arrêté tous les retraits en dollars.

Un panneau tenu en l'air par des manifestants samedi appelait à "un gouvernement qui élimine la corruption, pas un gouvernement qui protège la corruption".

Le gouvernement de Diab a adopté un plan de relance économique en avril et a entamé des négociations avec le FMI dans le but de débloquer des milliards de dollars d'aide potentielle.

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