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L'Egypte accuse l'Ethiopie de la tenir "en otage" lors des pourparlers sur le barrage du Nil

L'Égypte a déclaré samedi que les pourparlers avec l'Éthiopie et le Soudan concernant un méga-barrage controversé sur le Nil étaient dans l'impasse en raison de "l'intransigeance" d'Addis-Abeba.

Le barrage de la Grande Éthiopie Renaissance (Gerd) a été une source de tension dans le bassin du Nil depuis que l'Éthiopie a inauguré ce territoire il y a près d'une décennie.

L'Éthiopie considère le barrage comme essentiel pour son électrification et son développement, tandis que le Soudan et l'Égypte le considèrent comme une menace pour l'approvisionnement en eau essentiel.

Mohamed al-Sebaie, porte-parole du ministère égyptien des Ressources en eau et de l'Irrigation, a déclaré qu'il "n'était pas optimiste quant aux perspectives de réaliser une percée au cours des négociations en cours" sur le barrage dans un communiqué publié sur la page Facebook du ministère.

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Cela est dû à "l'intransigeance de l'Éthiopie qui, une fois de plus, est devenue très claire lors des réunions en cours des ministres des ressources en eau de l'Égypte, de l'Éthiopie et du Soudan", a indiqué l'AFP.

La déclaration fortement formulée fait suite à des jours de négociations sur le projet dans un contexte d'urgence accrue pour parvenir à un accord avant les plans d'Addis-Abeba pour commencer à remplir le barrage en juillet.

"La position de l'Éthiopie est que l'Égypte et le Soudan devraient soit signer un texte qui les ferait otages de la volonté et du caprice de l'Éthiopie, soit accepter la décision de l'Éthiopie de remplir unilatéralement le Gerd", a déclaré la déclaration de Sebaie.

Le ministre égyptien des Ressources en eau et de l'Irrigation, Mohamed Abdel Ati, a déclaré samedi que la proposition éthiopienne était "inacceptable et ne reflétait pas les relations de bon voisinage", a rapporté Arab News.

Ati a ajouté que la proposition était une tentative claire d'imposer un fait accompli et ne fournissait aucune garantie pendant les sécheresses.

La proposition éthiopienne stipule son droit de modifier les conditions de remplissage du Gerd et "a gâché toutes les ententes précédentes", a déclaré le ministre égyptien.

Les pourparlers entre les ministres de l'irrigation et de l'eau des trois pays du bassin du Nil ont repris mardi après une interruption de quatre mois avec trois observateurs des États-Unis, de l'Union européenne et d'Afrique du Sud.

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Après plusieurs cycles d'échecs de négociations, les États-Unis et la Banque mondiale ont parrainé des pourparlers à partir de novembre 2019 en vue de parvenir à un accord global, après que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi a présenté une demande à son allié, le président américain Donald Trump.

Pourtant, le processus a échoué après que le Département du Trésor a exhorté l'Éthiopie à signer un accord que l'Égypte a soutenu comme "juste et équilibré".

L'Ethiopie a nié qu'un accord ait été conclu et a accusé Washington d'être "non diplomatique" et de jouer les favoris.

Le ministère éthiopien de l'Eau a critiqué l'Egypte jeudi pour avoir détaillé ses griefs concernant le barrage dans une lettre de mai au Conseil de sécurité de l'ONU.

Le Nil, long de 6 600 kilomètres (3 900 milles), est une bouée de sauvetage qui alimente en eau et en électricité les 10 pays qu'il traverse.

Ses principaux affluents, les Nils Blanc et Bleu, convergent dans la capitale soudanaise Khartoum avant de s'écouler vers le nord à travers l'Égypte pour se déverser dans la mer Méditerranée.

MEE a indiqué plus tôt que Sisi, en Égypte, avait déclaré: "Personne ne peut toucher la part de l'Égypte dans l'eau du Nil … c'est une question de vie ou de mort … c'est notre pays et l'eau doit être sécurisée pour nos citoyens, d'Assouan à Alexandrie."

Pourtant, malgré tous ces mots forts, Le Caire sait que le Gerd, à un moment donné dans un proche avenir, deviendra une réalité. Le projet, disent de proches observateurs du projet, marque un profond changement de pouvoir dans le bassin du Nil.

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