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Un mouvement de protestation en Irak menace de réapparaître après la mort de deux personnes

Un mouvement de protestation à l'échelle nationale en Irak contre la corruption et l'incompétence du gouvernement menace d'éclater à nouveau après que deux manifestants ont été tués à Bagdad tôt lundi après avoir été abattus avec des bombes lacrymogènes lors d'affrontements avec les forces de sécurité.

Dimanche, des rassemblements ont été organisés dans la capitale et dans plusieurs villes du sud alors que la colère montait face aux pannes de courant alors que des températures dépassant 50 degrés submergeaient les générateurs d'électricité.

À Bagdad, des dizaines se sont affrontés avec les forces de sécurité sur la place Tahrir, l'épicentre du mouvement de protestation qui a débuté en octobre mais s'est éteint ces derniers mois avec l'entrée en vigueur des mesures de lutte contre la pandémie de coronavirus.

Un correspondant de l'AFP a vu les restes incendiés de structures de tentes sur la place lundi matin.

"Deux manifestants sont morts ce matin. L'un a été abattu avec une cartouche de gaz lacrymogène dans la tête et un autre dans le cou", a déclaré lundi à l'AFP une source médicale.

Les deux victimes sont les premières depuis que le Premier ministre Mustafa al-Kadhimi, qui avait promis un dialogue avec les manifestants, est entré en fonction en mai.

Dans une déclaration du jour au lendemain, son bureau a reconnu "des événements malheureux" sur les places de protestation, mais a insisté sur le fait que les forces de sécurité avaient reçu pour instruction de ne pas recourir à la violence sauf en cas de nécessité absolue.

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Il a déclaré que le gouvernement mènerait une enquête sur les événements de dimanche, mais les militants en ligne comparaient déjà Kadhimi à son prédécesseur Adel Abdel Mahdi, qui a démissionné après des mois de violences liées aux manifestations.

Environ 550 personnes ont été tuées dans les violences et 300000 autres blessées, dont beaucoup par les forces de sécurité utilisant des cartouches de gaz lacrymogènes de qualité militaire qui peuvent percer le crâne humain si elles sont tirées directement plutôt que de lancer un arc pour disperser les foules.

"Des preuves accablantes indiquent que les forces de sécurité irakiennes utilisent délibérément ces lourds gaz lacrymogènes et ces grenades fumigènes pour tuer, plutôt que disperser, des manifestants, en violation directe du droit international des droits humains", a déclaré Amnesty International en mars.

Il n'y avait pratiquement aucune responsabilité pour ces décès sous Abdel Mahdi. Kadhimi s'était engagé à publier une liste de toutes les victimes, à mener des enquêtes et à ouvrir un dialogue avec les manifestants.

Il s'est également engagé à libérer tous les prisonniers qui ont été arrêtés alors qu'ils manifestaient tant qu'ils n'avaient pas participé à l'effusion de sang. Cependant, cette promesse a heurté un barrage routier lorsque le Haut Conseil judiciaire irakien a annoncé plus tard qu'il ne libérerait les manifestants que s'ils n'avaient commis aucun crime.

Selon la Commission irakienne des droits de l'homme, au moins 98 manifestants ont été détenus dans les prisons d'État irakiennes, tandis que des dizaines d'autres sont toujours portés disparus.

Un dessin animé partagé en ligne lundi matin montrait une caricature d'Abdel Mahdi remettant des cartouches de gaz lacrymogènes à son successeur.

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