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La liste israélienne des fonctionnaires compromis suggère leur culpabilité des crimes de guerre

L'Université islamique de Gaza bombardée par Israël en 2014 (Photo: Fichier)

Par Ramona Wadi

La Cour pénale internationale (CPI) a ajourné la séance sans se prononcer sur la question de savoir si des responsables israéliens seront jugés pour crimes de guerre contre le peuple palestinien depuis 2014, date à laquelle Gaza a été détruite lors de «l'opération Bordure protectrice». Avec un délai prolongé, jusqu'à ce que la décision soit due, Israël a désormais plus de temps pour se préparer à toute action éventuelle prise par La Haye. Il a apparemment déjà dressé une liste de fonctionnaires susceptibles d'être poursuivis pour crimes de guerre.

Selon Haaretz, la liste contient les noms de 200 à 300 responsables israéliens, dont très probablement le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Benny Gantz. La liste a été établie dans le plus grand secret, notamment parce que, comme le souligne Haaretz, «la cour est susceptible de considérer une liste de noms comme un aveu officiel israélien de l'implication de ces responsables dans les incidents sous enquête.» L'existence de la liste seule est susceptible d'être considérée comme telle.

Cependant, ce qui doit changer au niveau international, c’est l’approbation du discours israélien sur la sécurité. La mention claire par la CPI des crimes de guerre, par opposition aux crimes de guerre présumés – ce dernier étant une expression que de nombreuses organisations de défense des droits de l’homme ont utilisée et à travers laquelle l’impunité israélienne a également été cultivée – devrait inciter à une nouvelle appréciation de la position d’Israël et de sa violence d’État.

Au cours de cette offensive militaire de 2014 contre les Palestiniens à Gaza, la communauté internationale n’a pas tardé à promouvoir «le droit d’Israël à se défendre» alors même que des civils palestiniens étaient massacrés. Jusqu'à présent, l'ONU n'a jamais considéré les Palestiniens comme autre chose qu'un détail statistique appuyant ses prétendues efforts humanitaires.

Le fait est qu'Israël est une entité coloniale, mais cela a été éliminé du discours diplomatique international au détriment du peuple palestinien. D'où les divergences quand on parle des violations perpétuelles d'Israël contre les Palestiniens; en refusant d'inclure le contexte de la colonisation, la communauté internationale élimine les fondements de ce qui a maintenant été clairement décrit comme des crimes de guerre par la CPI.

La liste elle-même suggère une culpabilité, admise plus ou moins ouvertement par le fait même de sa compilation. Si les enquêtes criminelles relèvent de la compétence de la CPI, il appartient à la communauté internationale de les mener à bien, plutôt que de simplement répéter les excuses d’Israël pour sa violence. L'annexion prévue de la Cisjordanie occupée en est un bon exemple. Les responsables israéliens craignent que la mise en œuvre des plans d'annexion soit préjudiciable à Israël, d'autant plus que l'expansion des colonies est considérée comme la preuve la plus solide des crimes de guerre.

Cependant, la communauté internationale n’a toujours pas réussi à s’unir contre la possibilité que d’autres crimes de guerre soient commis contre le peuple palestinien et a limité sa réponse aux déclarations répétées selon lesquelles l’annexion est contraire au droit international.

Israël n’a jamais, jamais tenu compte de telles déclarations. La possibilité d'enquêtes de la CPI, cependant, expose le fait qu'Israël sait qu'il a commis des crimes de guerre et se prépare à protéger les auteurs des poursuites internationales. Si l’ONU se préoccupe vraiment de la sauvegarde des droits de l’homme, elle devrait saisir l’occasion pour s’abstenir d’approuver et de diffuser davantage le discours israélien sur la sécurité et la «légitime défense», qui lui-même viole le droit international.

Elle doit adopter une position ferme contre Israël et son plan d’annexion, et se tenir à l’admission claire de la CPI que l’expansion coloniale est un crime de guerre. L’ONU, cependant, ne peut pas le faire sans prendre en compte sa propre complicité dans le maintien de la violence coloniale d’Israël, d’où l’absence d’un discours cohérent sur les droits de l’homme qui soutiendrait une éventuelle enquête criminelle au niveau international.

– Ramona Wadi est rédactrice pour Middle East Monitor, où cet article a été initialement publié. Elle a contribué cet article à la Palestine Chronicle.

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